"Cependant, après avoir visionné des centaines de plat ventres, on se dit que la spécificité du “planking” est ailleurs. Au-delà du jeu dangereux, de la mode Facebook, du délire entre amis. A force de voir ces corps raides, sans expression, proches du robot ou du mobilier, se coller à des bancs, des routes, des escaliers ou des lampadaires, la question se pose. Et si le “planking” n’était qu’une façon de se réapproprier les lieux, en y participant, en devenant, le temps d’un clic, un morceau du décor. On a parfois de la peine à apprivoiser un espace considéré comme utilitaire, sans âme.
Se désincarner pour faire corps à la ville, se fondre dans l’environnement urbain, c’est, peut-être, aussi, une nouvelle forme de mysticisme."
— Le Matin Dimanche, 29 mai 2011, p. 17